sport et santé cardiovasculaire

L’Espace fédéral éducation à la santé pour tous et toutes (EFT SPT)  a organisé un webinaire « Rendez-vous santé » sur le sport et la santé cardiovasculaire.

Le 15 avril 2026, une cinquantaine de personnes se sont réunies autour de ce webinaire pour discuter des effets des activités physiques et sportives (APS) sur la santé cardiovasculaire.

A cette occasion, Xavier Halna Du Fretay, cardiologue, et Irène Gorban, éducatrice sportive et pratiquante et bénévole FSGT, sont intervenu·es pour apporter leurs connaissances et expériences à ce sujet.

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès pour les femmes et les personnes âgées de plus de 65 ans ainsi que la deuxième cause de mortalité chez les hommes. Afin de comprendre les causes, les conséquences mais également la prévention et le traitement des troubles en santé cardiovasculaire, ce webinaire comprenait trois parties :

  1. Qu’est-ce que la santé cardiovasculaire?
  2. Les comportements et habitudes à adopter pour limiter le développement de troubles cardiovasculaires.
  3. L’impact de l’activité physique et sportive sur la santé cardiovasculaire, comment pratiquer. 

Vous pouvez retrouver la rediffusion intégrale du webinaire sur ce lien.

Le système cardiovasculaire

Le système cardiovasculaire est un éléments central du fonctionnement du corps. En effet, celui-ci permet de faire circuler le sang dans l’ensemble du corps. Cette circulation se fait grâce au coeur, qui agit comme une pompe et envoie le sang dans les artères.  Les artères permettent la vascularisation des muscles et des organes et l’apport en oxygène et en nutriments (glucides, lipides, protides) des différentes parties du corps. La santé cardiovasculaire dépend de plusieurs fonctions dont : la fonction pulmonaire, la fonction cardiaque, les artères périphériques.

Concernant la fonction cardiaque, plusieurs critères rentrent en compte dont la fonction contractile, la fréquence cardiaque et la circulation coronaire.

  • La fréquence cardiaque (FC) est un indicateur de bon ou mauvais fonctionnement du coeur. La FC de base est comprise entre 60 et 80 battement par minute (bpm) au repos. Cependant, celle-ci peut varier en fonction de sa condition physique. Un·e athlète a souvent une FC de base plus basse que la moyenne qui permet une réserve de fréquence plus importante.
  • La circulation coronaire permet l’approvisionnement en sang du coeur lui-même. Une circulation coronaire saine correspond à une absence de sténose, ou d’obstacle à la circulation. Les maladies coronariennes résultent d’un dysfonctionnement majeur de ce système souvent à la suite d’un rétrécissement des artères qui alimentent le coeur.
Les facteurs de risques cardiovasculaires

Xavier Halna Du Fretay explique que les facteurs qui augmentent le risque de décès cardiovasculaires, d’infarctus du myocarde ou d’accidents cardiovasculaires cérébraux peuvent être non modifiables (âge, genre, hérédité) ou modifiables (pression artérielle, diabète, obésité, tabagisme, dyslipidémie). Lors de ce webinaire, il revient sur les outils qui permettent de calculer les risques d’évènements cardiovasculaires en lien avec les critères non modifiables. Concernant les critères modifiables, l’activité physique et la nutrition jouent un rôle majeur dans la réduction de ces facteurs de risques.

L’impact de l’activité physique sur le système cardiovasculaire

La pratique d’une activité physique et sportive réduit le mortalité globale et cardiovasculaire de 20 à 30%.

L’activité physique et sportive impact de nombreux facteurs liés au système cardiovasculaire. Elle permet de baisser la pression artérielle et la résistance à l’insuline, diminue le taux de mauvais cholestérol (LDL) et majore le bon cholestérol (HDL), permet une réduction pondérale en cas de surpoids

Cependant les intervenant·es alertent sur les conduites sportives qui peuvent être dangereuses.

Xavier Halna Du Fretay explique que le risque de mort subite augmente lors d’une pratique intense. Même s’il reste rare, ce risque concerne entre 5 et 17 cas par millions d’habitant·es. Cependant, ce risque diminue en fonction de l’importance de l’ « activité habituelle ». C’est à dire qu’être entrainé·e diminue ce risque relatif. Ce facteurs d’entrainement est également à prendre en compte concernant l’infarctus du myocarde. Une personne qui pratique très irrégulièrement une activité physique a plus de risque de déclencher un infarctus du myocarde lors de la pratique qu’une personne qu’une personne qui ne pratique pas. Cependant, ce risque relatif diminue très largement chez les pratiquant·es réguilier·es.

Irène, alerte également sur la pratique compétitive qui pousse parfois à « une surmobilisation physique et/ou nerveuse de l’organisme ». Dans ces situation les pratiquant·es ne sont pas toujours lucides sur leurs ressentis ou les signaux d’alerte qui peuvent prévenir d’accidents cardiovasculaires. Irène revient aussi sur certaines pratiques comme la musculation. Si les pratiquant·es ne réalisent pas d’exercices de cardio et d’endurance en plus des exercices de musculation, alors le surpoids consiste en un facteur de risque d’apparition de trouble cardiovasculaire. Enfin les conduites dopantes ont également un impact sur l’apparition d’accidents cardiovasculaires pendant la pratique.

Limiter les risques d’apparition d’accidents cardiovasculaires :

Pour limiter le risque d’accidents cardiovasculaire quelques éléments sont intéressant à connaitre.

  • Connaitre sa fréquence cardiaque maximale (FCM) théorique à ne pas dépasser. La FCM théorique se calcule grâce à un calcul simple : 226 – [âge de la personne] chez les femmes et 220 – [âge de la personne] chez les hommes. Connaitre sa fréquence cardiaque permet également de cibler certains exercice en fonction de l’objectif de pratique.
  • Ecouter son corps et ses limites
  • En tant qu’éducateur·ice sportif·ve : être alerte sur les signaux d’essoufflements anormaux, de rougeurs et arrêter ou réajuster la séance, rappeler aux pratiquant·es de s’hydrater régulièrement. 
  • En tant que pratiquant·es et acteur environnant de la pratique : ne pas minimiser ses symptômes. Si des douleurs thoraciques sont ressenties ou si le·la pratiquant·e fait un malaise / une syncope, arrêter l’effort et appeler un·e professionel·le de santé.

Limiter le nombre de décès lors d’un arrêt cardiaque pendant la pratique

Pour limiter le nombre de décès à la suite d’un arrêt cardiaque lors de la pratique, deux éléments majeurs sont soulevés :

  • L’importance d’être formé·e aux gestes de premiers secours. En effets, la prise en charge précoce de la personne par les personnes témoint·es, les autres sportif·ves en attendant les secours limitent le risque de décès.
  • Avoir une surveillance médicale et la diffusion de défibrillateurs semi-automatiques (DSA) sur les évènements sportifs limitent également le nombre de décès suite à un arrêt cardiaque.

Les « rendez-vous santé » reviennent la saison prochaine pour échanger ensemble sur une nouvelle thématique.

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