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L'hommage de Jean-Luc Cottin lors de l'enterrement de Roger Boissay...

Roger, il y a quelques années déjà, tu as dit à mon épouse que tu comptais sur moi pour que le jour où tu partirais, je retrace ton parcours sportif

 

Énoncer une liste de performances d’un athlète, je saurais certainement le faire mais Roger, tu étais un Sportif avec un « S majuscule » : à la fois pratiquant certes, un amoureux du sport et notamment un passionné du vélo, mais surtout un militant et là tu sors des standards.

 

Je ne peux pas parler de toi Roger sans souligner nos liens qui, très vite, ont dépassé ceux du sport car Simone et toi, vous étiez depuis presque trente ans devenus nos parents nivernais.

Il ne doit pas y avoir beaucoup de jours de l’an où nous ne sommes pas allés vous souhaiter la bonne année comme on dit, comme on l’aurait fait avec nos parents : on mangeait simplement la galette, parlions de la famille et refaisions le monde.

 

Et puis comment parler du sport de façon séparée chez toi, ce n’est pas possible.

Ce n’est pas une casquette parmi tant d’autres que l’on peut isoler.

Tu es à la fois un père, un grand-père, un arrière grand-père, un ami, un homme social, toujours connu et reconnu comme militant syndical, politique, référent de quartier, promoteur de la paix.

Toutes ces casquettes tu les as portées en même temps, elles n’en faisaient qu’une tel un arc-en-ciel, ce qui fait de toi un personnage hors du commun, un véritable guide.

 

Alors je vais simplement évoquer déjà le sportif : tu as pratiqué tout gamin la gymnastique dans un club à Vigneux puis à Nogent, du foot en corpo et du vélo naturellement ne serait-ce comme moyen de locomotion, tu as découvert le cyclisme grâce à ton fils Michel qui était un compétiteur.

Le passionné de vélo : combien d’entre nous ont déjà réussi la performance de joindre Paris à Dieppe et de faire le retour en vélo le même week-end ?

Et pourtant, toi, tu l’as fait de nombreuses fois et souvent avec un entraînement minimum.

Ton terrain de jeux favori en vélo, c’était bien la montagne, les Alpes en particulier où tu as franchi tous les cols qui se présentaient.

La montagne tu l’as aussi conquise tant à pied qu’à vélo, on comprend mieux pourquoi l’activité de la FSGT dans le département a commencé par le cyclisme et la randonnée pédestre avec un gros attrait pour le Morvan.

Dans nos activités, il y a de l’aquagym : Roger, j’ai des photos de toi en pleine action dans le bassin.

 

Le militant ensuite indissociable du bénévole.

Une constante chez toi, c’était la capacité de repérer les femmes et les hommes susceptibles de prendre des responsabilités, de toujours solliciter les bonnes volontés ; à peine deux ans après mon arrivée dans le département en 1980, Roger, tu es venu nous solliciter pour organiser une épreuve de course à pieds dans le cadre de la fête de la CGT.

 

Puis l’année suivante, tu as logiquement cherché à donner des suites et à jeter les bases d’une structure FSGT dans le département toi qui possédais déjà une licence en Côte d’Or.

Alors, comme tu as su toujours bien faire, tu as sollicité quelques jeunes de l’époque intéressés par le mouvement sportif ouvert et nous avons créé l’Amicale Omnisport Nivernaise FSGT : par ce choix de nom, tu avais tout de suite situé l’état d’esprit (une Amicale), l’ouverture de la pratique (avec Omnisport) et la dimension géographique sans limite sur le département.

Dans la suite logique, nous avons créé le comité départemental FSGT puis le régional et pris des responsabilités dans de nombreuses instances : fédération, Comité olympique

Tu as rendu la FSGT visible, connue et reconnue par ses activités, son dynamisme, ses actions de promotion envers tous les publics.

 

Les premières activités régulières ont été le cyclisme avec tes compères Gilbert et Yves et la randonnée pédestre pour des pratiques très accessibles, notamment aux familles et adaptées au département de la Nièvre.

Notre première sortie officielle : randonnée pédestre à Anost (résultat de ta grosse connaissance du Morvan) le 17 octobre 1981.

Tu nous avais concocté le parcours plutôt bien puisque trente-huit ans après, l’activité est une vraie force de la FSGT dans la Nièvre.

Pierre est devenu membre de la commission fédérale.

 

En randonnant, nous avions toujours les références historiques du site comme le lieu de résistance (sport mêlé avec l’histoire et la culture).

Tu as toujours aimé partager tes connaissances de la région.

La randonnée avec toi c’était sans repérage préalable, ton terrain privilégié : le Morvan où tes variantes pouvaient rallonger le circuit ou nous transformer en sangliers pour regagner les voitures.

On a appris à connaître la nature, les champignons, les fruits sauvages, etc.

Tu avais toujours un gros sac à dos rempli à l’aller de casse-croûtes pour un régiment et les gamins du quartier qui remplissaient ta voiture en profitaient largement et, au retour, des pierres et autres trésors de la nature.

 

Notre section athlétisme s’est appuyée au début sur les gamins de ton quartier et nous avons rencontré des familles de diverses cultures que nous n’aurions jamais pu connaître sans toi.

Cette section a grandi dans les différents championnats officiels pour en faire une des plus importantes du département.

 

Le premier coup de maître a été la construction de blocs d’escalade.

À partir de plans d’architecte, tu as construit avec un minimum de main d’œuvre deux blocs – un de trois et un autre de quatre mètres de haut – qui pouvaient de plus se superposer pour créer un surplomb.

Travail gigantesque sur plusieurs semaines avec une ossature en chevrons, des boulons, de la colle et de l’aggloméré.

Construction démontable, transportée avec un vieux J7 mis à l’état d’épave et retapé pour les animations de fêtes de quartiers, même sur la Foire Expo de Nevers.

Ce projet n’a été suivi que dans très peu de comités en France.

Il ne fallait pas être avare de son temps pour les montages/démontages et transports d’un site à l’autre.

 

Ce J7, tu l’as veillé comme ou mieux que ton propre véhicule ; il a servi à toutes nos organisations qui étaient très nombreuses : jusqu’à dix courses pédestres dont les 6 heures et le biathlon du bois de la Brosse qui sont devenues rapidement des incontournables, le cross avec ton vin chaud très apprécié.

Combien as-tu fabriqué de stands pour abriter ces manifestations ?

Chaque organisation avait les siens même si on a mutualisé beaucoup.

J’évoquerais juste les longues discussions animées et récurrentes sur l’utilisation des tubes carrés ou ronds.

On t’a pas mal charrié la dessus il est vrai.

 

Dans les coups de maître, on ne peut pas passer sous silence le Challenge de l’Entreprise la Plus Sportive unique en France.

Pour initier un tel projet dans le département de la Nièvre, il fallait parfaitement connaître le monde du travail, ses besoins, ses possibilités, les personnes ressources.

D’autres départements ont essayé d’imiter, mais le seul qui a encore de la tenue c’est le nôtre : mettre en place une quinzaine d’activités (le mot omnisport et multisports trouvent là leur pleine application) avec des règlements adaptés pour que chacun et chacune, salariés, enfant et retraités compris puissent trouver du plaisir tout en gardant un contenu sportif et dans l’auto arbitrage.

Tous les sports pour tous : c’est gagné encore trente-cinq ans après.

 

Dans nos temps forts, je voudrais revenir avec fierté sur ce qui a commencé dans ton quartier de la Grande Pâture et baptisé « Olympiades Populaires de la Grande Pâture ».

Là encore pour tout public du quartier, avec de la multi-activité où essayer c’est réussir et encourager à continuer.

Jeunesse et Sports de l’époque étaient séduits de trouver une organisation qui était capable de passer de la théorie à la pratique constatable.

Ces olympiades ont trouvé écho ensuite dans les autres quartiers et communes avoisinantes.

 

Toutes ces initiatives étaient le résultat de constructions en partant de constats et à nous d’inventer des solutions, avec une recherche permanente de coopérations soulignant ton esprit d’ouverture.

 

Vie associative et bénévolat : autant de leçons de vie, de citoyenneté, d’entraide, de progression, d’intégration et de promotion de l’être humain, toujours à l’affût des possibles responsables pour faire durer, élargir, proposer de nouvelles activités…

 

Comment d’ailleurs, Roger, as-tu fait pour gérer autant de calendriers simultanément et être toujours disponible (jusqu’à même coucher dans le bois pour veiller au matériel monté pour la manifestation du lendemain), être présent et responsable partout, omniprésent à toutes les étapes importantes de la vie associative sachant solliciter les amis, les voisins, les connaissances pour donner le coup de main avec une force de persuasion sereine et plutôt efficace ?

Tu avais le contact très facile.

 

Ce qui m’a le plus marqué chez toi Roger, c’est cet éternel optimisme : partout et toujours, tu as été le plus optimiste d’entre nous, toujours en train de prévoir, imaginer, construire, de t’intéresser à tout et à tout le monde, personne ne t’était indifférent.

 

C’est sûr que renoncement ou démission ne font pas partie de ton vocabulaire.

 

Un dernier exemple : il y a trois semaines lorsque tu es entré à la Vénerie, tes 95 ans fêtés, tu as eu cette réplique qui en dit long : « c’est difficile de discuter avec les autres pensionnaires car je suis entouré de vieux » !

 

Je pourrais continuer longtemps, alors pour terminer, je vais t’emprunter la formule que tu utilisais régulièrement avant que nous nous quittions : « je t’en dis pas plus ».

 

Merci Roger.

Merci pour tout.

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