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[3/3] Hélias Millerioux par Rémi Cappeau

Hélias, à chacun son ascension

par Rémi Cappeau

Je ne me souviens plus trop précisément quand j’ai rencontré Hélias.

Il a valorisé bien avant moi les prises en résine de la salle municipale du club d’escalade Grimpe 13 dans le treizième arrondissement de Paris et les réglettes en grès de Bleau. Il s’y est très vite investi aidé par sa générosité, son envie d’action. La politique associative de ce club d’escalade FSGT y est aussi pour quelque chose, à ne pas empêcher et à accompagner les adhérents à agir, à proposer, lui ont permis de s’épanouir et de grandir dans « une famille sportive ».

Mon premier souvenir date du projet pour Tikjda en Algérie dans le Djurdjura où nous avons noué des liens avec une association sportive algérienne, Mimouna. J’y ai découvert son envie de partager sa passion et son niveau d’escalade.

Mon deuxième souvenir actif avec lui, c’est à Hauteroche à l’automne 2007, où on s’est amusé à faire tomber un énorme pilier instable dans le secteur Bourgogne pour sécuriser une voie très facile pour les débutants. Un bloc de plusieurs tonnes s’est fracassé au sol, il faisait trois fois la taille d’Hélias, quel souvenir ! J’ai même une vidéo que je regarde de temps en temps. On s’est bien amusé et en plus on s’est rendu utile pour ce bien commun, libre et gratuit d’accès. A chaque fois que je passe devant cette voie et que je vois au sol les restes du bloc, son visage radieux me revient. Et tout ça pour sécuriser et rééquiper une voie de niveau 4a de 20 m de haut ! Le niveau des voies ne lui importait peu, seul faire des choses avec des amis l’intéressait.

On a très rarement fait de l’escalade ensemble. Il avait déjà un niveau trop fort pour moi. Trop fort le gars !

Encore à Hauteroche, j’ai eu la chance de faire un week-end entier de grimpe avec lui, son objectif était de me faire grimper sept voies de 6a dans la journée. Mon niveau max était dans le 5c-6a. Il était toujours prêt à prendre du temps (perdre du temps ?) avec les autres pour partager sa passion et se faire de nouveaux compagnons de cordée. Ça a été un échec technique... Dix ans après, je stagne toujours dans le 5c-6a. Mais c’était une superbe réussite humaine, nous avons noué un lien. C’était peut- être ce qu’il cherchait, chercher des compagnons de cordée pour la montagne, l’alpinisme, pour agir là-haut avec d’autres.

Il a donc fait de la montagne avant moi, j’ai fait de l’alpinisme avec lui.

J’avais débuté avec l’UCPA à 35 ans ! Puis, je me suis intégré dans les rassemblements alpinisme FSGT où sa présence était bien visible, il encadrait les débutants et faisait avec d’autres de belles courses dures, dures. C’est dans ce cadre que j’ai eu un de mes plus beaux souvenirs de mes débuts d’alpiniste en autonomie : une marche d’approche dans une météo très instable qui avait rebuté tout le monde dans la vallée, un bivouac sous tente très venté et le lendemain une magnifique journée ensoleillé sur une arête de neige, de niveau F ! Comme il disait souvent à l’époque, ça n’a pas de sens de rester dans la vallée : mieux vaut subir la météo dans une course facile que d’avoir des regrets en bas dans la vallée.

C’était déjà un passionné qui avait le goût de la transmission dans l’action, le goût de l’exploit aussi ; il encadrait déjà des débutants alpinistes à titre bénévole et cherchait des compagnons de cordée pour se faire plaisir comme on dit. Il était un catalyseur de projet, savait s’entourer, et donner envie de l’accompagner. Il chercher à progresser, à découvrir de nouveaux lieux, de nouveaux gens.

Je l’ai suivi pendant deux saisons successives d’alpinisme printanier, la période du mixte (rocher, neige, glace, crampon, ski de rando ou les deux dans la même course, quel souvenir de gravir un couloir de neige en AD avec des skis de rando sur le dos !). Il s’est concentré la premier saison sur des couloirs de neige dans les écrins (Deweze, Dérobé, et Piaget). Je le suivais, il savait ce qu’il voulait, j’étais bien content d’avoir été choisi, je n’aurai jamais osé ces itinéraires.

Une courses de ski de rando de 2000m de dénivelé (Col du Sélé depuis la vallée de la commune Vallouise-Pelvoux), l’exploit de ma vie ! Pour lui, ce n’était qu’une course de plus pour sa liste de courses pour les probatoires pour commencer la formation de guide de haute montagne.

Quelques temps après, j’ai passé la formation d’initiateur alpinisme FSGT encadrés par un guide et deux organisateurs bénévoles diplômé initiateur alpinisme FSGT, (Hélias et Bruno).

Puis l’année suivante, c’est à mon tour d’organiser avec Bruno et de seconder Hélias, devenu aspirant guide, dans cette formation d’initiateur alpinisme FSGT.

Après son niveau explose, surtout son engagement technique, moi j’ai eu une fille. Ça fatigue et ça prend du temps un bébé. Et tu ne te poses pas les mêmes questions quand tu deviens papa. Je décroche à grand regret de le suivre, même si je ne décroche pas de la montagne. De toute façon, je ne peux plus garder mon endurance, pas assez de temps ! Et sa prise de risque maîtrisée grâce à son niveau qui augmente, moi je ne maîtrise plus. J’ai dû faire un choix à grand regret parfois... Lui aussi en a fait un, il a continué à progresser, à faire des exploits avec d’autres.

Je ne fais plus que le croiser de plus en plus rarement. Il me racontait ses aventures, ses recherches de nouveaux compagnons de cordées. Puis, la vie frénétique finit par nous séparer. Nous ne nous voyons plus : chacun à sa vie, son monde, son altitude, sa latitude.

C’est une belle tranche de vie que nous avons eu. Pas de regret d’avoir fait des courses avec Hélias, merci à toi Hélias.

# Rémi

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