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Une politique de formation ouverte sur un engagement social

Le sport populaire suppose qualité et gratuité.

L’exigence de qualité émerge du projet culturel et sportif de la FSGT : mettre la culture sportive au service de la formation du citoyen suppose un travail sur le sport visant à résister à ses tendances mercantiles par des innovations.

L’exigence de gratuité émerge de son projet social : le rapport à l’argent ne doit pas constituer d’obstacle à l’accès, à la réussite et au progrès du pratiquant quelles que soient ses conditions sociales d’existence.

Le développement de la FSGT doit continuer à être assis sur l’animation bénévole et militante. Il suppose une dynamique locale forte pour ajuster les moments de formation avec les moments de pratique et de vie associative ; il suppose également un soutien fédéral important.

Le sport populaire reconnaît la valeur de l’expérience.

La FSGT dispose aujourd’hui d’un volume de près de 3000 animateurs recensés et reconnus grâce au livret de l’animation. Une vingtaine de comités sont impliqués dans le projet. Cette réalité fournit une connaissance très précieuse sur l’activité des animateurs FSGT et constitue une base pour identifier leurs besoins de formation. Elle n’y répond pas pour autant.

Les récentes rencontres décentralisées ont été un moment d’expression d’attentes diversifiées en matière de formation.

Il nous faut donc rééquilibrer les deux nécessités : celle de reconnaître les compétences acquises dans l’expérience d’animation et celle de répondre aux attentes, de former à des compétences nouvelles ou d’en permettre, par des moyens appropriés, une acquisition plus rapide et plus massive.

Un foisonnement d’initiatives de formation.

Les clubs, les comités, les commissions d’activités, le niveau fédéral apportent déjà de nombreuses réponses à ces attentes. Les tours de tables effectués lors des rencontres décentralisées ont permis de repérer ce foisonnement d’initiatives de formation. Mais il manque de visibilité et de mise en cohérence dans une perspective de fédéralisation. Chaque initiative répond à des attentes précises et très localisées. De plus les formes le plus souvent utilisées (une soirée ou une demi journée) sont judicieuses pour une participation locale mais permettent rarement une ouverture sur d’autres régions. Enfin les contenus de formation utilisés dépendent de la diversité des formateurs et ne sont pas toujours connectés aux acquis de la FSGT en la matière.

Les actions du domaine formation.

Le domaine formation fédéral, dans ce contexte, peut intervenir sur plusieurs niveaux. Ses réponses doivent être partagées pour disposer de l’impact nécessaire à toute politique de fédéralisation des ressources. Le niveau fédéral doit faire circuler l’information. Pour cela il a besoin d’être en situation de repérage et d’analyse permanente de ce qui se projette et de ce qui se fait. Il doit se doter des outils indispensables pour faire circuler l’information comme le permettait le bulletin « La boussole » par exemple.

Le niveau fédéral doit soutenir telle ou telle action de formation et s’engager dès lors qu’elle représente un enjeu fédéral commun ou qu’elle nécessite un acte de solidarité interne (soutien ponctuel). Le niveau fédéral doit prendre ses propres initiatives. Elles peuvent avoir valeur d’innovation, de référence pour les autres niveaux. Elles sont également des lieux possibles de formation de formateurs pour soutenir une régionalisation des politiques de formation. Certains aspects de la politique fédérale peuvent avoir une valeur structurante. Il en est ainsi du travail engagé sur certains brevets fédéraux, ou du projet de formation commune (tronc commun de formation) pour les activités et enfin aujourd’hui, la mise à disposition de la FSGT du modèle CQP.

Le contexte de la professionnalisation.

Le contexte général dominant risque d’entraîner la FSGT vers l’illusion du modèle de professionnalisation de l’animation. S’il est incontestable que la professionnalisation de l’animation offre un modèle de développement des pratiques d’APS, c’est au détriment du développement du bénévolat associatif et de ce qu’il représente comme potentiel de formation à la citoyenneté. De plus la professionnalisation massive a un coût que ne peuvent pas supporter les associations de façon générale et plus particulièrement les petites associations en milieu populaire peu soutenues par les collectivités territoriales.

Si l’article 43 de la loi sur le sport a incité, par extension, à développer le modèle de la professionnalisation, l’article 45 de cette même loi offre le cadre juridique suffisant pour développer une stratégie de qualification du bénévolat.

Enfin l’engagement de la FSGT auprès de quatre fédérations affinitaires et multisports pour défendre le dossier "Certificat de Qualification Professionnelle Activités de Loisir Sportif" marque bien cette intention de la FSGT désormais de se donner le moyen de pouvoir mesurer la qualité des compétences bénévoles en référence aux compétences professionnelles.

A propos de la méthode.

Les rencontres décentralisées ont permis de faire un état des relations entre les différents niveaux de l’organisation confrontés aux problèmes de formation. L’expression des urgences par le niveau local semble se heurter à une attitude du niveau central perçu comme non engagé dans une activité concrète de formation.

Le niveau central pour sa part constate le décalage entre l’expression des attentes des comités (notamment en matière de formation de militants) et la faible participation aux opérations centrales destinées à y répondre.

Il n’y a pas de solution durable à attendre d’une situation de vis à vis. Travailler ensemble suppose de re préciser les missions et les fonctions attendues et par le moyen du débat de continuer à les clarifier.

Le niveau local, lieu de la pratique, construit des réponses concrètes à ses propres besoins de formation. Elles sont plus ou moins formalisées et peuvent donner lieu à des actions de formation. Ces actions peuvent être ouvertes à d’autres associations mais les expériences tentées montrent que la réussite d’une telle ouverture est conditionnée à l’analyse préalable du rapport demande-offre de formation.

Le niveau départemental semble être le cadre le mieux adapté à une identification et analyse des demandes. Dans la mesure où il dispose de ressources, il est un lieu de réponses, de mutualisation et d’organisation d’actions de formation.

Le niveau fédéral est le garant de la fédéralisation. Il dispose d’un potentiel d’analyse et d’intervention. Il est un lieu de production et de mise à disposition d’outils de formation (productions écrites et audio-visuelles, formation de formateurs).

Le niveau régional, en voie de constitution dans la FSGT, apparaît comme un lieu possible et souhaitable de mutualisation des moyens. Les politiques régionales de formation (centraliser les attentes, les analyser, identifier les ressources, les organiser en dispositifs opérationnels et calendriers de formation) peuvent être en effet des moyens de concrétiser l’utilité de la structure régionale et une base d’appui pour négocier des conventions d’objectifs avec les Conseils Régionaux.



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